Le rêve à portée de clics
Angelo
le 10/12/2007 à 16:36
Pour la plupart des gens, grands-parents riment avec gigot dominical, scrabble-café et gâteaux maison pour le thé. Un programme classique pour des millions de Français, obligés de se soustraire à leur grasse matinée post «Saturday Night Fever » pour répondre aux invitations de leurs géniteurs. Mais comme vous l’avez précédemment compris, rien ne se passe comme ailleurs dans ma famille. Et mes parents ne dérogent malheureusement pas à la règle.
Mère au foyer et désormais marraine de la famille au sens mafieux du terme, ma mère, Appolonia a mis un talent fou pour que sa vie ne ressemble à aucune autre de ses contemporaines. Très à cheval sur mon alimentation (un Pitch à 10h, une boîte de biscuits à 16h, en plus des trois repas habituels…), jamais laxiste sur les horaires (1 min de retard équivalait à 10 min de télé en moins, autant dire que je n’ai jamais pu regarder autre chose que la météo pendant mes jeunes années…) et surtout très imprégnée de la culture bohême, nomade. Voyager était source d’épanouissement personnel, d’ouverture sur soi (ma mère était aussi une fervente admiratrice du Dalaï Lama). Elle adorait ça mais depuis quelques années, elle avait mis un frein à ses ambitions internationales.La faute à mon père, trop occupé pour organiser le moindre week-end. Car mon père, Jean-Pierre faisait parti de ces trop nombreux « faux retraités », qui empêchent « les vrais » de dormir la conscience tranquille, la satisfaction d’avoir assez donner. Directeur des Relations Humaines d’une grande multinationale pendant 30 ans, il avait gardé ce goût des autres, ce sens de la communication et du partage. Si bien qu’il écumait depuis son retrait de la vie active, les séminaires tahitiens et autres colloques réunionnais pour évoquer son expérience et former de futurs jeunes et talentueux DRH. Cette vie lui demandait beaucoup de déplacements. Si bien que ma mère le voyait encore moins que lors de ces années de cotisation. Après quarante années de concorde, l’unité entre mes parents vacillait. On pensa donc avec le reste de la famille, qu’un voyage romantique serait salvateur pour les trois (ma mère, mon père et le couple). Evidemment, le problème de la présence physique des deux protagonistes lors du choix final était un obstacle. Sans cape, ni masque ou même pouvoir magique, SparkAngels allait une fois de plus sauver la situation.
Réunis autour de ma mère, un dimanche, juste après le scrabble (le premier de notre vie…), on expliqua à mon père, retenu à Pékin pour un colloque international sur la gestion des stagiaires féminines comment installer SparkAngels sur son portable. Tranquillement allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel, mon père eut le plaisir (enfin, on espère) de nous entendre par le téléphone et le chat de SparkAngels. On commença donc à surfer sur le Net pour trouver la destination adéquate. En live, mon père observait nos recherches par le biais de son écran et ne manquait pas d’apposer ses commentaires constructifs sur les choix qui retenaient notre attention. « Trop chaud, trop froid, trop loin, trop près, trop haut…. ». On percevait un manque de bonne volonté évidente dans son attitude. Mais à force d’obstination, on a tout de même réussi à attirer son attention sur une photo plutôt avenante d’une île dans le Pacifique. Miracle et dénouement ! Quelques clics plus tard, le voyage était organisé et budgétisé, tout ça à 10 000 km d’écart….
Sans l’aide d’un psy, le brouillard qui planait au-dessus de mes parents s’était dissipé. Encore une mission réussie pour SparkAngels !











