La semaine dernière, à la maison, le champagne pétillait, le caviar brillait et les Crackers craquaient. Tout le monde s’était mis sur son 31. Pourquoi une soirée de luxure et de paillette? Tout simplement pour fêter le premier contrat professionnel de Lucas. Non, il n’a pas été engagé au PSG (Je n’aurais sorti que les Crackers dans ce cas-là...) mais il vient d’être embauché par une grande entreprise de conseil en finance. Je vous aurais bien raconté quel était son travail, mais personnellement je n’ai rien compris. Même après quatre heures intensives de Bloomberg TV, je ne comprenais toujours rien. Donc je lui laisse l’honneur de vous raconter ses premiers pas dans la vie professionnelle.
Bonjour tout le monde, c’est Lucas on-line ! J’ai donc été réquisitionné par mon père pour vous expliquer l’aventure de ma première semaine. Après avoir écrit un CV parfaitement calibré, une lettre d’ultra-motivation ciselée, après avoir passé six entretiens, trois tests psychologiques, deux visites médicales, après avoir transmis un extrait de casier judiciaire, mon numéro de sécurité sociale, une photocopie de mon carnet de santé, de ma dernière fiche d’impôt, enfin après avoir négocié mon salaire pendant sept heures dans un lugubre cagibi d’un sous-sol d’une tour de la Défense, j’ai eu le BONHEUR de me faire inviter dans cette chaleureuse et conviviale société.
Pour mon premier jour, je m’attendais à quelque chose de plutôt calme. Présentation aux collègues, découverte de mon bureau, infos sur la machine à café, du classique a priori. Mais non, pas de repos chez les « paras » de la finance. C’est simple : je suis arrivé à 9h02 et à 9h12, on me demandait ma première étude. L’objet ne paraissait pas bien compliqué : je devais réaliser un court audit d’une des filiales du groupe en délicatesse avec sa comptabilité. Mon seul souci est que le siège social de cette filiale se trouvait.....à Taiwan ! Evidemment, il était hors de question de s’y rendre. Cela aurait pu rendre ma tâche plus simple mais apparemment le but de cette mission était de tester mes maigres capacités. Le petit sourire en coin de mon patron en sortant de mon bureau m’avait mis sur la piste du complot. Mais je ne me démontais pas et je contactais mon homologue à Taiwan pour que l’on organise les hostilités.
Dès nos premiers échanges téléphoniques, nous avons compris à quel point nos situations étaient désespérées. On se voyait déjà en bas de l’affiche, dans une nouvelle affectation du côté du Groenland. Trop de documents à me transmettre, trop de fichiers informatiques et surtout trop de temps perdu dans les échanges de toute nature. Car chaque ligne du rapport devait être confirmée par les deux parties. Autant dire qu’au bout de 6 mois, nous aurions peut-être pu finir l’introduction.
Mais alors que je me lamentais du côté de la machine à café. L’Etincelle m’a frappé. L’équation était simple : comment rédiger un audit à 2 à plus de 10 000 km l’un de l’autre ? Comment étudier des documents informatiques sans téléchargement de plus de six heures ? Comment échanger des informations orales ou écrites dans des délais aussi brefs.
La réponse était évidente : SparkAngels, SparkAngels et …SparkAngels ! Nous étions mardi matin et tous mes collègues de bureau avaient parié sur ma chute. J’avais un mois pour rendre ce rapport et personne ne me voyait échapper aux lions du cirque. Et pourtant..., après avoir révélé mon secret à mon collègue de galère, on s’est mis au travail. Sérieusement et avec une grosse motivation. Et on travailla.....longtemps, très longtemps....
Vendredi soir, juste avant qu’il ne parte faire son golf hebdomadaire, j’entrais fier comme un gérant de bar-tabac dans le sanctuaire de mon patron. Dans mes mains, l’audit terminé, achevé et peaufiné dans son ultime version deluxe remasterisée. Avec un petit sourire en coin, je déposais doucement les pages sur le coin de son bureau. Je le laissais bouche béante ranger ses clubs de golf.
Le lundi d’après, tout le monde au bureau voulut me payer un café.
Sparkangels, le premier service qui vous paye des cafés !